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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 11:31

C’était le18 novembre 1985. « Commentant le (dernier) livre de Guille*, « la Dépêche » relève ce qu’elle estime être son « dernier message », un message écologique et à la limite humanitaire » écrit Jacques Fleury.

G. Guille dénonce les méfaits (sur le gibier) « …des doses massives d’arsenic et d’autres produits chimiques cent fois plus nocifs, dont on saupoudre et arrose à plaisir et sans mesure avec une inconscience affolante les graines et les végétaux qui constituent leur nourriture. Mais il est de même, directement ou indirectement, pour toutes les espèces animales y compris pour l’homme.

Celui-ci vérifiera d’abord, un jour plus proche qu’il ne croit, les effets biologiques sur son organisme des produits qu’il fabrique, vend et répand à profusion. Après quoi, à une échéance moins lointaine qu’il ne l’imagine (mais y pense-t-il seulement ?) il découvrira la fatale insuffisance d’oxygène vital dans l’atmosphère due aux bienfaits de sa civilisation miraculeuse de croissance et d’industrialisation à outrance.

Oui l’homme, unique responsable de son angoissant destin, parce que, selon le mot terrible d’Albert Einstein : «  ayant perdu l’aptitude à prévoir et à prévenir, il finira par détruire la terre… » et par conséquent à se détruire lui-même, lui et son espèce, comme si l’humanité était maudite et condamnée à perpétrer elle-même son propre anéantissement.


Voici ce qu’ajoute Jacques Fleury, auteur du livre « G. Guille, le socialisme au cœur » : « Message écologique ? Sans doute ! Message socialiste, certainement. Car l’idée socialiste est de mettre la production au service de l’homme. Elle implique donc qu’elle soit maîtrisée par l’homme, qu’elle ne soit pas générée d’abord par la loi du profit, volontairement ignorante de l’intérêt général et de celui de l’humanité ».


Comme chacun peut l’observer, il est depuis longtemps dans les préoccupations socialistes, et donc du PG, de prendre en compte l’écologie. Que cette préoccupation soit celle d’un effet de mode pour le PS et les partis de droite pour conserver le pouvoir, que ces mêmes partis soient obligés de s’adapter aux inquiétudes croissantes de l’opinion publique cela est plus qu’un fait, c’est une vérité. Mais, il faut bien considérer que le Parti de Gauche, et lui rendre cette justice, dès sa naissance a inscrit au premier rang de ses priorités une réorientation de la croissance et la lutte écologique, nouant en cela avec le fondement de sa pensée profonde qui est  celui de l’avenir de l’humanité.  

*Georges Guille : conseiller général, député socialiste de l’Aude, ministre. Il n’a pas adhéré au PS en 1971 prévoyant sa dérive démocrate et droitière.

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15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 10:54

Martine Billard, députée de Paris et les parlementaires du Parti de Gauche, Jacques Desallangre et Marc Dolez, députés et les sénateurs François Autain et Marie-Agnés Labarre, ainsi que Jean-Luc Mélenchon et Corinne Morel-Darleux, ont présenté mardi 13 octobre à la presse leur proposition de loi « pour une autre fiscalité écologique » qui a été déposée à l'Assemblée nationale et au Sénat.

Alors que le gouvernement se contente de repeindre en vert le capitalisme avec sa taxe carbone, cette proposition de loi pose les bases d'une autre fiscalité écologique en rupture avec le productivisme et le consumérisme.

Cette proposition de loi prévoit notamment la création du Revenu maximal autorisé, l'abrogation de niches fiscales néfastes pour la planète et l'introduction de taxes écologiques ciblées. Le grand écart des disparités de revenus est non seulement la cause de grandes inégalités sociales mais également la cause du renforcement d'une classe de riches, gaspillant et détruisant, par des consommations de loisir de luxe, les ressources de la planète.

Lire la totalité de leur proposition de loi:
http://www.lepartidegauche.fr/images/docs/proposition-de-loi-fiscalite-ecologique.pdf

PARIS, 13 oct 2009 (AFP) - Les parlementaires du Parti de gauche (PG) et la députée "écologiste" Martine Billard (ex-Verts) ont déposé mardi à l'Assemblée et au Sénat une proposition de loi "pour une autre fiscalité écologique", en "rupture avec le productivisme et le consumérisme".

Cette proposition de loi sera "présentée sous forme d'amendements à différents points du projet de loi fiscal", a précisé Mme Billard lors d'une conférence de presse au côté de l'eurodéputé Jean-Luc Mélenchon, président du PG.

Face à la taxe carbone "injuste socialement et inefficace", les parlementaires (3 députés, un sénateur) proposent l'instauration d'un revenu maximum autorisé et d'un salaire maximal.

"Les très hauts revenus portent un modèle de consommation néfaste pour la planète, un modèle de gaspillage" pendant que "d'autres ont à peine de quoi manger, notamment dans les pays pauvres", a argumenté la députée de Paris.

Ils souhaitent également l'abrogation des niches fiscales anti-écologiques (soutien aux agrocarburants), la mise en place d'incitations fiscales pour la conversion écologique de l'économie et demandent la suppression du "super bonus" sur les voitures électriques.

Actuellement, "pour faire fonctionner 1,5 million de voitures électriques, il faut ouvrir une à deux centrales nucléaires", a argumenté M. Mélenchon qui dénonce également la fermeture de nombreuses gares de fret.

"Il faut diriger l'imaginaire collectif vers des solutions de radicale rupture avec le modèle productiviste", a souligné M. Mélenchon qui assure "dessiner un programme de gouvernement".

"On ne se fait pas trop d'illusion" sur l'adoption de ce texte par l'Assemblée et le Sénat, a toutefois reconnu Mme Billard, soulignant "l'importance de porter le débat sur ce point".

Les principales mesures de la proposition de loi

Titre Ier : Revenu maximum autorisé

  • abrogation du « bouclier fiscal »
  • instauration du « Revenu maximum autorisé » (20 fois le revenu médian annuel, soit 352 000 euros) et création de tranches d'imposition assurant la progressivité de l'impôt jusqu'au niveau du Revenu maximum
  • en même temps : salaire maximum légal (20 fois le SMIC ou le minima salarial de branche quand celui-ci est supérieur au SMIC).

Titre II : abrogation de niches fiscales anti-écologiques

  • abrogation des exonérations de taxe intérieure de consommation (TICPE) sur le transport aérien (autre que de tourisme privé, déjà assujetti),
  • abrogation du remboursement d'une fraction de la taxe intérieure de consommation sur le gazole utilisé par certains véhicules routiers
  • abrogation des exonérations en soutien au développement des agrocarburants (abusivement appelés « biocarburants » dans le code des douanes)
  • fin des exonérations de TICPE sur les carburants et combustibles utilisés par le Ministère de la Défense car ils sont tout autant émetteurs de gaz à effet de serre.

Titre III : autres incitations fiscales pour la conversion écologique de l'économie

  • renforcement des exigences du Bonus/Malus sur les véhicules automobiles. Des efforts supplémentaires sont atteignables, vu que les émissions moyennes de véhicules neufs sont passées de 149g de CO2/km à la fin de 2007 à 133g de CO2/km en août 2009.
  • durcissement du Malus annuel pour la détention de voitures individuelles très polluantes, immatriculées à partir de 2010 : abaissement des seuils à 240g pour 2010 ; 230g pour 2011 et 220g pour 2012, en augmentant le montant dû à 250 euros ; instauration d'une première tranche taxable à hauteur de 160 euros annuels, pour des taux d'émission de 160 g de CO2 par kilomètre en 2009, jusqu'à 130g en 2012.
  • durcissement du Malus à l'acquisition de voitures individuelles : passer dès 2010 aux objectifs actuel de 2012, en faisant débuter le malus lors de l'achat à 150g de CO2 par kilomètre; puis accentuation réduction annuelle de 10g jusqu'à 130g pour 2012.
  • resserrement du Bonus d'ici 2012 (seuil à 120g pour 2010, 110g pour 2011 et 100g pour 2012).
  • limitation du bénéfice du Bonus à raison de deux aides par foyer fiscal.
  • suppression du « super bonus » de 5.000 euros lors de l'achat de voitures électriques individuelles qui ne sont aucunement des « voitures propres ».
  • demande de rapport sur la faisabilité d'une taxe carbone kilométrique aux frontières sur les importations comme sur les exportations, afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de favoriser la relocalisation de l'économie.
  • augmentation sensible des taxes sur les publicités imprimées et prospectus ainsi que sur les spots publicitaires audiovisuels.
  • demande d'un rapport sur la mise en chantier d'une nouvelle taxation générale de la publicité qui reposerait sur deux principes : taxation à la source de la dépense publicitaire des entreprises et taxation nationale de la publicité extérieure (enseignes, panneaux publicitaires) qui pourrait être majorée par les communes.

Titre IV : diverses mesures fiscales permettant le financement de la conversion écologique de l'économie

  • fin du régime de défiscalisation des heures supplémentaires par exonération d'impôt sur le revenu des heures introduite par la loi TEPA d'août 2007
  • fin du crédit d'impôt sur le revenu au titre des intérêts d'emprunts supportés à raison de l'acquisition ou de la construction de l'habitation principale (également loi TEPA)
  • fin de l'exonération de l'impôt de solidarité sur la fortune des placements financiers des personnes physiques qui n'ont pas en France de domicile fiscal
  • fin de la réduction de l'impôt de solidarité sur la fortune en raison du nombre d'enfants du déclarant
  • fin de l'application à la location directe des yachts et autres navires de plaisance du dispositif « Girardin » de réduction d'impôt sur le revenu pour les investissements réalisés dans les départements, territoires et collectivités territoriales d'Outre-mer, avant le 31 décembre 2017
  • prélèvement exceptionnel pour les exercices 2010, 2011 et 2012, sur les bénéfices des sociétés établies en France qui réalisent leur chiffre d'affaires principalement dans le domaine de l'énergie afin de financer l'effort d'investissement public pour la conversion écologique de l'économie.
  • demande de rapport sur la mise en oeuvre d'un droit minimum à l'énergie électrique et à l'eau à travers la gratuité pour une première tranche minime de consommation électrique, appuyé sur une forte taxation progressive des sur-consommations afin d'enrayer le mésusage et le gaspillage.
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7 octobre 2009 3 07 /10 /octobre /2009 10:01

Article de Sophie Divry publié dans Les cahiers de l'IEESDS de décembre 2006 (n°1).


Jusqu'au jour de l'annonce de son retrait de l'élection présidentielle, Hulot avait les faveurs des médias dominants. Son dernier livre, Le pacte écologique, a bénéficié d’un accueil dithyrambique dans les médias. Invité sur France-Inter, à la télévision, en une du Figaro et du Monde, l’animateur de télévision a été présenté partout comme un grand défenseur de la cause écologiste. Même l’hebdomadaire Politis l’acclamait en une.
Face à cette déferlante, il est utile de rappeler quelques faits sur Nicolas Hulot. Comment gagne-t-il sa vie ? Quelles sont ses activités ? Qui sont ses amis et soutiens ? Et surtout, quelles sont ses idées ? 

Bref, pourquoi le télé-écologiste aux discours inoffensifs et aux actions timides est un parfait « produit médiatique » ?

Nicolas Hulot est animateur de télévision, présentateur de l’émission « Ushuaïa » depuis 1987. Pour ses quatre émissions annuelles, l’homme de télé est rémunéré la modique somme de 30 000 euros par mois (1). Il faut ajouter à cela les droits d’auteur qu’il touche pour ses ouvrages (Le Syndrome du Titanic s’est vendu à 160 000 exemplaires) et un pourcentage sur les ventes des livres et des DVD Ushuaïa.
Mais plus qu’une émission de télé à grande audience, Ushuaïa, c’est un label « 100 % rentable » décerné par TF1 à des produits dérivés, comme le raconte l’enquête du journal économique L’Expansion : « TF1 a cédé en quinze ans la licence d’exploitation à plus d’une quinzaine de sociétés (L’Oréal pour les cosmétiques, Atol pour la lunetterie, Rhonetex pour les vêtements, Lexibook pour l’électronique grand public, Quo Vadis pour la papeterie...) et cautionné ainsi la commercialisation d’une soixantaine de produits dérivés en France. En jouant, même si la chaîne s’en défend, sur l’identification Ushuaïa-Nicolas Hulot pour les consommateurs. TF1 estime à... 100 millions d’euros le chiffre d’affaires annuel généré par tous les produits griffés Ushuaïa (1). »


Un business orchestré par TF1

Parmi ses produits dérivés, citons un encens déclaré cancérigène par l’UFC Que Choisir, les gels douche en plastique remplis de produits exotiques, et le magazine appelé… Ushuaïa (2). Dans ce magazine, que trouvons-nous ? De belles images de nature, et des reportages poignants sur les bonobos. Entre les deux, des publicités… pour les produits dérivés Nicolas Hulot : lunettes, gels douche, et DVD. Dans le premier numéro du magazine, sur les 10 premières pages, 7 sont des publicités. Se servir de l’émotion suscitée par la crise écologique pour pousser à la consommation, il fallait oser. Plus fort encore, les pages 2 et 3 de la même édition sont prises par une pub pour un véhicule haut de gamme Renault (Espace). Sur la dernière page – la plus lue après la couverture – figure une réclame pour un 4 x 4 Volvo vendu environ 50 000 euros : « Volvo XC90, la nature est si belle que pour la découvrir, il fallait un 4 x 4 aussi beau et respectueux ».
A sa décharge, Nicolas Hulot n’a jamais prétendu être un grand pourfendeur de l’automobile. Parmi les produits dérivés de la marque de TF1, il existe en effet le 4 x 4 « Ushuaïa » : un Peugeot-Partner. Que les transports soient responsables de la plus grande partie des émissions de gaz à effet de serre importe peu. Cette voiture est écologique, puisque « l’air conditionné n’est proposé qu’en option, même sur le modèle Ushuaïa Grand Raid qui coiffe la gamme (3). »
La chaîne de Patrick Le Lay instrumentalise-t-elle Nicolas Hulot pour orchestrer un business « écolo » ? Laissons répondre l’animateur : « TF1 décline des produits dérivés qui permettent à l’émission de télé d’être financée. Au début, j’ai été surpris par cette stratégie, mais je m’y suis fait. Cela ne me choque plus du moment que je garde le contrôle du contenu de l’émission et ma liberté de parole. (…) Mais il est vrai que je me demande parfois jusqu’où on peut aller (1). »


Des sponsors polluants

Comment se fait-il qu’un homme à l’origine d’un tel business bénéficie d’une image positive dans l’opinion ? Cela vient en partie de la mission qu’il s’est lui-même octroyée. Porté par l’audimat, il ne se veut plus un simple animateur de télévision. Nicolas Hulot veut « mettre sa notoriété au service d’une cause d’intérêt général (4). » En 1990, il crée la Fondation Ushuaïa, qui prendra son propre nom cinq ans plus tard. Pour créer cette structure, forte d’une quinzaine de salariés, il faut de l’argent. Les premiers donateurs sont TF1, L’Oréal et EDF. Mais d’autres entreprises vont s’associer à Nicolas Hulot et faire un don : les Autoroutes du Sud de la France, Bouygues Telecom, Valorplast, Apple, Décathlon, Énergie Système, ETT, Eurotherm, Giordano Industries, Grohe, Knauf, Lafarge, Saint-Gobain Isover, Siplast Icopal, Tetra Pak France, UGAP, Weber et Broutin, Yprema…
Que les entreprises les plus polluantes, celle qui construit les autoroutes où rouleront toujours plus de voitures, celle qui transforme le pétrole en plastique jetable, celle qui génère des déchets nucléaires pour des millions d’années, celle qui bétonne la nature et celle qui vend à Coca-Cola du « temps de cerveau disponible » puissent être des donateurs d’une telle fondation… n’est en fait pas très étonnant.
Dans une échelle des valeurs juste, la charité est seconde derrière la volonté de justice ; donner l’obole est un pis-aller pour pallier les dysfonctionnements d’une société humaine par nature imparfaite. Dans la société de consommation, au contraire, cette charité bourgeoise devient première. Elle devient une sorte de « caution éthique » qui permet de légitimer l’ensemble du système. C’est exactement le rôle que joue Nicolas Hulot pour le système industriel. Partenaire des multinationales parmi les plus polluantes (E. Leclerc, Bouygues, Lafarge…), il est la plus efficace façon pour la « mal-économie » d’éviter toute remise en cause qui ne soit pas seulement superficielle.
Les entreprises vont chez Hulot sans souci, car la Fondation Nicolas Hulot (FNH) se cantonne à un domaine : l’éducation à l’environnement. Ses missions sont sobres et peu ambitieuses : « prendre conscience et faire prendre conscience “qu’il faut donner du sens au progrès”, que le progrès est synonyme de générosité et de solidarité ». Ou encore : « Prendre conscience et faire prendre conscience que les actes ont des conséquences qu’il faut évaluer avant leur mise en œuvre, qu’il faut penser ses actes. » Au vu des objectifs qu’elle se donne elle-même, il est frappant de constater que cette fondation et son créateur bénéficient d’une image plus radicale que la réalité.
Les entreprises, elles, ne s’y trompent pas. La campagne de promotion de la fondation sera offerte par l’agence de pub CLM BBDO et affichée gratuitement par Decaux, histoire de légitimer cette activité souvent délinquante et totalement parasitaire qu’est la publicité. Comme Nicolas Hulot ne fait jamais le lien entre les inégalités sociales et la crise écologique, Lilianne Bettencourt, troisième fortune de France, héritière de L’Oréal, donne la pièce.


Défi chez Bouygues

Le groupe ASF s’enorgueillit aussi de collaborer à l’action de la fondation. On peut lire sur son site Internet : « Attentif à l’intégration environnementale de ses autoroutes tout au long de leur concession, le groupe des Autoroutes du Sud de la France agit pour protéger le cadre de vie des riverains, préserver la diversité et la richesse naturelle et valoriser les paysages traversés. C’est donc naturellement qu’il a décidé de soutenir le programme de la Fondation Nicolas Hulot qui vise à enrayer la perte de la diversité biologique (5). »
Fort de ses soutiens, Nicolas Hulot fera distribuer 3 millions de son petit livre Défi pour la Terre dans les supermarchés Leclerc et 100 000 dans les boutiques Bouygues Telecom, qui vendent des téléphones portables. Les mesures du « Défi pour la Terre » consistent à expliquer au peuple de fermer l’eau en se lavant les dents mais surtout de ne pas poser de questions dérangeantes aux multinationales.
Pour le télé-écologiste, il n’y a pas de contradiction. « Quant aux puristes qui lui reprochent de financer sa fondation avec les dons d’entreprises pas toujours écologiquement correctes, il rétorque qu’il préfère l’argent privé à l’argent public et précise qu’il part du principe “que l’on peut faire évoluer les entreprises de l’intérieur”. La preuve : il a été invité à parler de développement durable devant les cadres du groupe Bouygues (6). »
Changer les choses de l’intérieur... Tel est le credo de Nicolas Hulot, persuadé que la logique de profit et celle du partage des ressources sont compatibles. E. Leclerc le dit d’une autre façon : « C’est vrai, le développement durable est un concept à la mode. Tant dans le monde des entreprises que dans tout débat de société. Et alors ? De tout temps, les marchands ont su récupérer les bons slogans (7). »


Des amis peu exemplaires

Nicolas Hulot a des amis, beaucoup d’amis, pour le soutenir dans sa démarche. Lors du lancement de son dernier livre, Le Pacte écologique, était présente « une brochette d’amis du show-biz de quoi faire pâlir d’envie un Nicolas Sarkozy ou une Ségolène Royal (8) » : Corinne Lepage, le patron de Véolia environnement Henri Proglio (aussi membre du groupe d’armement Thalès), Julien Clerc, Luc Besson, Pascal Obispo, Mathieu Kassovitz et « revenu de Patagonie », l’évadé fiscal fan de Harley Davidson, « Florent Pagny en tenue kaki d’explorateur ». Le journal 20 minutes rappelle à juste titre que Pascal Obispo « a été propriétaire d’un Hummer, énorme 4 x 4 très polluant. Idem pour Pagny, qui a longtemps possédé des voitures de sport et de puissantes motos. Autre incohérence, le chanteur effectue régulièrement des allers-retours en Patagonie où il possède une propriété alors que la Fondation Nicolas Hulot prône de limiter les déplacements en avion ». « Ils roulent pour Hulot, mais un peu vite (9) », conclut le journal gratuit.
Un autre ami de Nicolas Hulot est Yves Paccalet, auteur d’un ouvrage au titre évocateur : L’humanité disparaîtra, Bon débarras ! (10), opus largement applaudi par les journalistes, qui n’ont certainement pas pris le temps de lire le livre. L’humanité y est décrite comme une « tumeur », « affreuse, bête et méchante », un « cancer » qui se développerait avec pour moteur la « pulsion sexuelle ». « Elle nous incite à nous multiplier comme le font aussi les poux, les cafards, les rats… », écrit ce grand humaniste, invité, entre autres, sur Ushuaïa TV (11).
Grâce aux soutiens des multinationales, à l’appui de stars et à des émissions télévisées à grande écoute, l’armada Hulot parvient à imposer l’image d’un homme sans peur et sans reproche, et bardé de propositions ambitieuses. Une image qui ne résiste pas à l’analyse des ses idées.


Idées pâles

Jean-Paul Besset, ex-rédacteur en chef au Monde, est le principal « coordinateur » (12) des livres publiés sous le nom de Nicolas Hulot. Pour celui-ci le télé-écolgiste est, bien entendu, « un homme libre »… qui a décidé de franchir une étape : « Comme grand témoin, il se faisait balader. C’est pourquoi il a décidé de passer à un autre stade, de devenir acteur en s’engageant dans la bataille politique à l’occasion de l’élection présidentielle (13) ».
Le doute sur son éventuelle candidature est savamment maintenu. Celui qui a refusé à plusieurs reprises un poste de ministre de l’Environnement se lancerait-il enfin en politique ? Dans cette optique, le « pacte écologique » lancé aux candidats à la présidentielle de 2007 devrait donner la teneur d’un programme écologique ambitieux. Or, son maigre contenu ne peut que frapper un observateur attentif. Homme de communication, Nicolas Hulot lance « 10 objectifs » et « 5 propositions », mais ceux-ci sont très imprécis. Concernant l’agriculture, il s’agit de « concilier la production agricole avec le respect de l’environnement ». Le mot « biologique » fait partie du texte présentant les objectifs, mais est retiré de la synthèse, donc des propositions. On préfère les termes flous de « produits certifiés ». Sur la santé, il faut engager une « politique de prévention » envers les pesticides et les OGM. Les mots « réduction » ou « interdiction » sont honnis. À peine apparaît timidement le terme « taxe » sur les carbones, qui est la seule proposition forte, donnée comme un os à ronger aux journalistes. Sur cinq, ses deux dernières propositions quittent le terrain de l’écologie pour plaider en faveur de la « démocratie participative » et de l’« éducation à l’environnement ». Sur le site Internet du Pacte écologique, on cherchera vainement le « quart du début du commencement » d’un programme politique.
D’où vient alors que Nicolas Hulot bénéficie de l’image d’un homme courageux, qui demande des mesures fortes ? Politis a même décrit Nicolas Hulot comme un « croisé de la décroissance » dans son édition du 9 novembre 2006, alors que l’animateur a dit lui-même : « Je ne crois pas à la décroissance économique. (…) Progressivement, il est possible de créer de nouvelles filières sans toucher à la croissance (14). » Le télé-écologiste pourrait-il tenir un autre discours que celui, connu, de la « croissance durable » ? Il est fidèle à une des missions de sa fondation, qui face à la crise écologique, rappelle que « les engagements écologiques, sociaux et économiques doivent être conjoints. Qu’ils représentent un investissement positif sur le long terme ».
Cette position conciliante envers la logique du marché explique son ambiguïté sur la question nucléaire ; « il ne faut pas fermer la porte à une éventuelle quatrième génération de centrales », a-t-il déclaré dans Le Monde (15). Le réseau Sortir du nucléaire a dénoncé la position de l’animateur. Rappelons que le logo d’EDF est sur la première page du site de la FNH, et l’entreprise honorée comme un « partenaire fondateur ».


« Il n’attaque pas… »

Faire de la politique, proposer des lois, mettre des limites à l’appétit des multinationales ou des consommateurs est un langage étranger à l’animateur de TF1. Ancien photographe du Paris-Dakar reconverti dans l’édition de luxe, Yann Arthus-Bertrand fait partie du réseau Hulot. Il résume l’attitude politique du clan Hulot :  « Ce qui me plaît, c’est qu’il n’attaque pas. Moi qui ai toujours voté pour les Verts, cette fois-ci je ne voterai pas pour eux. Par leur idéologie antilibérale, antinucléaire, ils ont tout gâché. »
« Il n’attaque pas », il ne fait pas de politique. Le journaliste du Figaro note que « le philosophe Pierre-André Taguieff (…) applaudit lui aussi la démarche “dépolitisée” de Hulot : “Il ne répond pas seulement à un mouvement d’opinion, mais à un phénomène moral. La prise de conscience écologique, c’est aussi un retour du sacré, et la fin d’un appauvrissement spirituel”(16)». Tout est dit : l’écologie reste dans une dimension uniquement morale et personnelle, donc hors de la sphère d’action politique. Le tout est non de légiférer, mais de suivre la voie Hulot : « prendre conscience et faire prendre conscience »… Si le Parlement suivait Hulot, il aurait attendu la « prise de conscience » des fumeurs au lieu d’interdire le tabac dans les lieux publics.


Les médias conquis

Tout cela fait un bon produit médiatique, pas dérangeant, qui emporte l’enthousiasme. Hulot sait parler vrai, c’est un bon client, et les journalistes sont en terrain connu : ils s’interviewent entre confrères. L’hebdomadaire Télérama a ainsi consacré huit pages de son numéro du 5 février 2005, dont sa couverture, à l’animateur de télévision : « Châtain. Coupe de cheveux à rendre fou un coiffeur. Un tatouage sur l’épaule, une queue de baleine en pendentif [...] L’œil gauche cligne parfois comme une aile d’oiseau mouche. » Hulot est coutumier de ce genre d’éloge.
Le 8 novembre, Nicolas Hulot a droit à une pleine page  dans le Figaro. « Loin de prôner une “décroissance” appelée des vœux par certains » (c’est nous !), « le héraut de l’écologie entend plutôt “redonner du sens au progrès”. “C’est pragmatique et pas dogmatique”, lance l’intéressé. » Serge Dassault, propriétaire du journal et fabricant d’armes, est lui aussi très pragmatique et « pas dogmatique » dans le choix de ses clients...


Pour conclure

Nicolas Hulot veut changer les choses de l’intérieur... mais de l’intérieur des multinationales !
Nicolas Hulot ne sert pas la cause écologique, il contribue à faire passer l’idée que le capitalisme et le profit sont conciliables avec un environnement préservé.
Il permet aux entreprises destructrices de se donner bonne conscience en finançant des programmes d’éducation à l’environnement.
Nicolas Hulot évite soigneusement de parler de la crise des valeurs et des inégalités sociales qui sont intimement liées au saccage écologique de notre planète.
L’animateur de TF1 réussit en somme à faire « beaucoup de bruit pour rien » tout en prenant un espace médiatique précieux. Il participe au recul du politique dont nous aurions tant besoin pour apporter des solutions au drame écologique, mais aussi social et culturel dont notre humanité souffre.


Sophie Divry

Source : http://www.decroissance.org/?chemin=textes/hulot


*Erratum :
Nicolas Hulot a appelé le lundi 4 décembre 2006 pour préciser que le Peugeot Partner Ushuaïa n’est pas un « 4 x 4 » mais un véhicule tout-terrain 2 roues motrices.
Peugeot Partner Ushuaïa
Peugeot Partner Ushuaïa « Grand raid » 1.6 16S (photo DR).

Hulot descend de l'hélicoptère
Arrivée de l'écologiste et pilote d’hélicoptère Nicolas Hulot au « salon des sports aériens » en septembre 2006 à Saint-Hilaire-du-Touvet (38). (Photo : Association de pilotes d'ULM)


(1)
- L’Expansion, 25-5-2005, "Ushuaïa, le label Hulot certifié 100 % rentable"
(2) - La commission paritaire des publications et des agences de presse (CPPAP) a refusé de considérer ce magazine comme un produit d’information. Ushuaïa magazine n’a donc pas eu de « numéro de CPPAP » et n’est commercialisé dans les kiosques qu’en tant qu’un des multiples produits publicitaires dérivés de l’émission homonyme. (CB News, 31-10-2005)
(3) - Ouest-France, 30-1-2003.
(4) - Citations extraites du site de la FNH
(5) - Site web du Groupe ASF (Autoroutes du Sud de la France), avril 2005.
(6) - Nicolas Hulot, « L’écolo cathodique », Le Figaro, 18-9-2006.
(7) - Michel-Édouard Leclerc, Le Nouvel économiste, 26-3-2004.
(8) - Le Figaro, 8-11-2006.
(9) - 20 minutes, 9-11-2006.
(10) - L’humanité disparaîtra, Bon débarras ! voir aussi ici Éditions Arthaud, 2006.
(11) - Ushuaia TV, 7-4-2006.
(12) - Libération, « Hulot les rend tous verts », 7-11-2006.
(13) - Politis, 9-11-2006
(14) - TV magazine, 25-9-2005.
(15) - Le Monde, 7-11-2006.
(16) - Le Figaro, 8-11-2006.

LIEN UTILE :
http://www.decroissance.org/
http://www.pacte-contre-hulot.info/?chemin=actualites&init=1

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22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 13:54

Cher Nicolas Hulot,

Vous souhaitez « toucher les consciences » de vos contemporains, aussi je m’adresse à vous, droit dans les yeux.

Cher Nicolas Hulot, je vous enjoins de vous retirer de l’écologie politique à laquelle vous avez fait plus de mal en un an que toutes les forces productivistes, droite et gauche confondues, depuis les années 1970, lorsque l’écologie est entrée en politique.

Bien sûr, vous êtes avant tout le produit des forces qui vous manipulent : E. Leclerc, L’Oréal, Bouygues, TF1 et plus largement les multinationales qui vous financent, mais aussi la droite néolibérale de Nicolas Sarkozy.

Ce n’est pas à votre personne que nous en voulons mais à l’offensive idéologique dont vous êtes le cheval de Troie le plus abouti. Vous incarnez de manière pratiquement parfaite la capacité du néolibéralisme à digérer sa contestation et à semer la confusion chez ceux qui lui résistent. Vous êtes d’autant plus efficace que vous en semblez totalement inconscient. L’idéologie dont vous êtes le vecteur conduit à dépolitiser l’enjeu écologique et la réflexion sur le productivisme. Elle amène à penser que la société de consommation ou le néolibéralisme sont compatibles avec la préservation de la planète.

Vous déclarez vouloir transformer la société de l’« intérieur » mais vous abusez vos contemporains. Vous leur parlez en fait de l’intérieur des sociétés multinationales qui vous financent et non de l’intérieur de la démocratie. Votre totale inconscience du jeu des rapports de force politiques vous conduit à rejeter dans une position extrémiste ceux qui s’engagent à faire reculer démocratiquement le danger que font peser les multinationales sur notre société, notre démocratie et notre environnement. Votre discours de consensus, en fait fusionnel, recouvre un véritable déni du politique en refusant un clivage entre le pouvoir et l’opposition pourtant consubstantiel de la démocratie.

Votre mission a été un succès au-delà des espérances de ses initiateurs : toute une partie de la gauche, la candidate des Verts à la présidentielle, le candidat des altermondialistes et même un hebdomadaire de gauche critique ont foncé tête baissée dans le piège, sidérés par votre puissance médiatique. Vous avez réussi à brouiller les cartes bien au-delà des écologistes et de la gauche en diffusant une vision consumériste du rapport à la nature grâce à de puissants relais médiatiques et économiques.

Bien sûr tout cela aurait été impossible si ces forces politiques n’étaient pas actuellement politiquement et intellectuellement en plein égarement.

Cher Nicolas Hulot, vous faites aujourd’hui alliance avec un gouvernement élu sur un slogan : « Travailler plus pour gagner plus » qui est un véritable cri de guerre du productivisme le plus aveugle. On aurait pu penser que même les plus naïfs allaient commencer à ouvrir les yeux. Rien n’est moins sûr.

Alors je vous le demande : pour la planète, mais surtout pour ses habitants, s’il vous plaît, retirez-vous au plus vite. Vous avez fait assez de tort, assez de mal.

Pour signer cette pétition: http://pacte-contre-hulot.org/

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22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 11:17

 

"Daniel Cohn Bendit, c'est le canada dry de la politique, ça a la couleur de la rébellion, le goût de la rébellion mais ce n'est pas  de la rébellion : c'est juste l'idéologie  capitaliste classique sous une face souriante et un produit markéting redoutable"

Journal " la décroissance" février 2009.

On le vérifie une nouvelle fois aujourd'hui, dans son appel d'alliance avec le MODEM.
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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 11:56

Paul ARIES Objecteur de croissance, Rédacteur en chef du SARKOPHAGE et Ecologiste,

Martine BILLARD, Députée de Paris

Les résultats des élections européennes témoignent de la montée en puissance d'une abstention

des jeunes et des milieux populaires qui reflète à la fois le refus de de l' Europe libérale, la crise de la représentation et la défiance politique qui touche l' ensemble des partis. Dans le même temps,chacun peut constater la demande d'écologie exprimée dans le vote pour Europe Ecologie et le refus des régressions sociales et du libéralisme incarné par les scores du front de gauche et du NPA.

Dans ces deux domaines,l'urgence nous impose des décisions courageuses .Or, le système capitaliste productiviste a sombré dans la démesure en consommant l'équivalent de plusieurs planètes! Les pays ,les plus pauvres, qui sont pourtant les moins responsables,sont les premières victimes des catastrophes. Les pays les plus riches doivent donc montrer l'exemple .Faisons comprendre qu'il n'est pas possible d'avoir une croissance infinie dans un monde fini . La décroissance de l'empreinte écologique est une absolue nécessité : il revient au politique d'en dessiner les contours . En France, il y a urgence à faire front au sarkoproductivisme. Pour cela, les réponse aux crises écologique, sociale et démocratique nécessitent de s'attaquer au mal à la racine en proposant une rupture franche avec les modes de production et de consommation dominants et de rejeter sans ambiguïté les assauts des démarches marketing d' »écolo-blanchiment » qui, au delà de l'effet de mode, participent à l'aggravation de la crise écologique. Le « capitalisme vert » ou la croissance verte, derniers avatars de l'économie de marché, n'offrent pas de solutions à la hauteur des enjeux du XXIe siècle. Il n'y aura donc pas d'alternative crédible tant qu'une nouvelle construction politique ne prendra pas en compte les exigences d'une transformation à la fois sociale et écologique. Nous sommes convaincus que le Parti de Gauche peut-être l'un des vecteurs de cette convergence. Pour nous, qui avons le souci de la préservation de la planète chevillé au corps tout autant que le désir d'égalité sociale et la lutte contre la société du mépris, le Parti de Gauche doit accomplir un geste symbolique à la hauteur des enjeux historiques en montrant qu'il est la force qui rompt avec l'aveuglement du passé. Cela suppose qu'il revendique explicitement l'identité écologiste, seule façon d'ancrer clairement sa volonté de se positionner tout autant dans les riches traditions de gauche que dans celles de l'écologie politique. L'écologie ne va pas de soi, elle n'est pas une demi mesure et doit compter à part entiére dans l'identité - et donc dans le nom même - de cette force politique nouvelle. Le parti de Gauche doit franchir ce pas pour construire une dynamique collective de convergences qui dépasse de simples ralliements individuels.

Il a décidé de tenir en fin d'année un congrès refondateur et propose pour cela un comité de co-organisation. Nous prenons nos responsabilité en rassemblant des écologistes antilibéraux et des militants de gauche anti-productivistes pour participer à cette refondation vers un parti de gauche écologiste.

Pour se joindre à cette démarche envoyer un mail à gauche-ecologiste@orange.fr

SARKOPHAGE du 12Juillet/11Septembre 2009

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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 10:15

Écologie, vous avez dit écologie ?

Ce mot est à la mode en ce moment. On a assisté au "m'as tu vu" de Nicolas Hulot lors des dernières présidentielles, puis au "grenelle de l'environnement", véritable campagne de communication de l'UMP et dernièrement à la pseudo vague écologique des européennes. Il est vrai qu'il y a urgence pour l'écologie. Notre éco-systéme est entrain de périr et nous en avons tous conscience. Mais quelles sont les véritables actions politiques entreprises par l'Europe et la France?

Le résultat c'est cette fameuse "taxe carbone" qui devrait tout régler. Mais que fait elle réellement en pratique ?

C'est une taxe prélevée sur les entreprises et sur le prix des marchandises les plus polluantes. On pourrait croire que l'idée du style "pollueur-payeur" est une avancée considérable. Mais il ne s'agit que d'une fausse idées écolo qu'utilisent diverses organisations politiques pour se dire "écologique".

Examinons sa mise en pratique sur les entreprises.
Les effets seront différents sur chacune d'elle. Une grande entreprise ne subira pas la même pression qu'une petite ou moyenne entreprise. Pourtant qui pollue le plus?

Imaginez l'impact sur une entreprise comme TOTAL. Pensez-vous réellement que cela puisse inquiéter les actionnaires et grands patrons de ce Trust ? Cela ne représente qu'une goutte d'eau prélevé sur leur océan de bénéfice. Cela ne va donc jamais inciter cette entreprise à un esprit écologique. D'autant que de telles multinationales ne répondent qu'à un seul dogme: le capitalisme. Nous leur donnons ainsi un simple droit à polluer. Continuez, tant que vous payez rien n'est grave ! Pour se qui est de l'opinion publique ces entreprises ont déjà investi la communication pour paraître plus respectable.

De plus, sur qui croyez-vous qu'ils vont répercuter leur léger manque à gagner? Sur toutes leurs clientèles bien sur ! Et nous l'avons vue lors des hausses du prix du baril de pétrole, ce n'est pas ça qui freine les consommateurs à utilisé des énergie non polluante. Rien d'autre n'est proposé aux automobilistes pour moins polluer. A part peut-être les voitures hybrides dont les prix restent démesurés par rapport aux possibilités financiéres des français.

Certains brevets permettraient une réelle alternative au pétrole (moteur électrique, à air comprimé...). Mais les lobbys pétroliers sont si puissants que l'état investit pas dans la recherche et dans la construction de véhicules utilisant de tels moteurs. D'ailleurs la recherche publique est vendu aux privées avec la LRU, alors comment en serait il autrement ?

Cette taxe carbonne occulte aussi le problème de bien d'autres pollutions du aux entreprises. Les normes sont trop légères et les contrôles insuffisants sur les pollutions directes faite par les industries chimiques et agro-alimentaires (pollutions des nappes phréatiques, des sols...). Ou encore la politique de nombreuses collectivités d'enfouissement des déchets, d'incinérations... La confiance de la population envers les lois et les élus est suffisante pour ne pas traiter de ces problématiques. Faisons tout et n'importe quoi, les organisations citoyennes qui critiquerons seront taxé de groupuscules extrémistes ou d'arriéré anti-progrès (comme l'on peut le voir au sujet des OGM).

Regardons maintenant les aboutissants de la taxe sur les citoyens eux-même.
Le poid sur le budget des citoyens devrait être compensé par un "chèque vert". Cette annonce faite par Borloo fut d'ailleurs dessuite démenti par Nicolas Sarkosy. Cette idée fut proposé par la fondation Nicolas Hulot pour compenser les difficultés des bas salaires.
(Remarquons au passage que cette fondation fonctionne grâce aux dons de TOTAL et permet ainsi de redorer le blason de cette entreprise. On trouve d'ailleurs des produits polluants dans de nombreux articles de la fondation, vendu sous l'étiquette Ushuaïa et emballé dans des bidons de plastiques.)

La consommation de certains produits est inévitable pour la plus part d'entre nous (essence, fioul...). Ainsi les ménages les plus riches ont eux aussi un droit à polluer. En revanche, pour les populations rurales pauvres, le coût sera plus dur puisque les transports en commun n'y sont pratiquement pas développer. Pas le choix, la voiture est le seul moyens pour vivre normalement. Remarquez, certains écolo-bobo souhaitent un regroupement urbain généralisé... et que deviennent nos agriculteurs et nos campagnes ? Ne sont-ils pas au courant qu'il n'y a pas de pays sans paysans ? N'avons nous pas le droit de vivre où l'on veut ?

Les ministères de l'écologie et de l'économie ont organisé les 2 et 3 juillet une conférence d'experts sur la Contribution Climat Énergie (CCE), mesure portée par la Fondations Nicolas Hulot depuis le Pacte écologique. L'Allocation Universelle Climat (appelé chèque vert) fonctionne de la façon suivante : le montant total de la CCE prélevé auprès des ménages est divisé par le nombre de ménages français. Le montant ainsi obtenu est de l'ordre de 130 euros par ménage pour une CCE à 32 euros la tonnes de CO2 et est reversé en fin d'année sous la forme d'un chèque de l'administration fiscal à chacun des ménages français. A ce prix de la tonne du CO2, le coût serait à de 300 euros par an d'après Michel Rocard, président de la commission d'experts en charge du dossier. 170 euros serait donc prélevé sur le budget des ménages français. 170 euros de trop pour les bas salaires. Et encore si le chèque vert est mis en place puisque la "majorité gouvernementale" n'a pas encore donné d'élément à ce sujet. Cela pourrait donc être 300 euros d'impôts annuels en plus et sans différence entre les revenus important et les revenus modestes !

Et où irait tout l'argent de la taxe ?
Cette taxe rapporterait 8,3 milliards d'euros l'an prochain, dont 4,3 milliards à la charge des ménagesCela va t-il être comme les cotisations sociales qui sont prélevés en théorie pour la SECU mais qui finissent dans d'autres budgets ? Cela financerait-il réellement le développement durable pour tous ? Au vue de la politique du développement de l'économie actuelle, là aussi on peut avoir des doutes. La mondialisation voulu par les libéraux ne permet pas un véritable politique verte. Car la véritable solution n'est pas simplement dans l'incitation de mieux consommer puisque en parallèle, on facilite la libre circulation des marchandises. La mondialisation engendre la pollution par le transport massif des marchandises et l'asphyxie économique des petites entreprises et des agriculteurs. Le capitalisme vert n'existe pas car la loi de l'argent et le respect de chaque chose sont deux concepts qui s'opposent. Alors quant on voit Cohn-Bendit se dire écologique alors qu'il a voté pour le traité de Lisbonne qui renforce la mondialisation et qu'il a votait le pacte écologique de l'Europe qui a permis aux entreprises d'avoir un droit à polluer, il y a de quoi se poser des questions.

Des solutions, pourtant, il y en a. Mais elle ne sont pas dans la logique capitaliste. Il faut aller plus loin que les systèmes illusoires du commerce équitable développés ces dernières années. Il faut favoriser les circuits courts, la macro-économie comme disent les économistes. Pourquoi acheter des tomates d'Espagne alors qu'il y a sûrement un cultivateur de tomates dans le coin ? Les transports réalisés par l'importation ne sont-il pas plus polluant ? Combien de camion par jour voit-on circuler sur nos autoroutes pour importer les produits ? Attention, je ne dit pas qu'il faut vivre en autarcie. Il est évident que certains produits doivent être importé puisque tout n'est pas cultivable avec les climats que nous avons. Mais cette situation du tout importé n'est pas (éco) logique. Elle ne sert qu'aux grandes surfaces qui avec les prix bas de ces produits font plus de marges et donc plus de bénéfices. Alors si l'on supprime des intermédiaires avec d'autres pays sous l'étiquette "commerce équitable", pourquoi ne pas le faire déjà chez nous ? Si l'on courcircuite le passage des produits par les grandes surfaces en achetant aux producteurs locaux, on obtient moins de pollution par le transport et une baisse du prix pour le consommateur (ainsi qu'une meilleure qualité dans la plus part des cas).

C'est là que la responsabilité du citoyen qui doit intervenir par le choix de sa consommation. Cependant les contraintes financières sont telles, que l'on ne peut pas toujours faire ce choix et le matraquage médiatique des grandes surfaces est si fort, qu'il est dur de changer les habitudes des gens. C'est pourquoi l'état, les régions et les communes devraient prendre leurs responsabilités et développer les circuits courts. En favorisant l'implantation des agriculteurs bio, le développement des AMAPs et des coopératives d'agriculteurs de distribution. Avec de tel systéme nous pouvons, créer des avancées écologiques et sociales. silmutanément. L'une ne se fesant pas sans l'autre.

Rappellons-nous également que la SNCF a limité le transport ferroviaire des marchandises soit disant pour des questions de rentabilités illogique pour un services public. En réalité c'est pour mieu privatiser la SNCF, secteur par secteur. Ainsi, la part du transport routier en tonne/km est passée de 50% à 70% dans les trente dernières années et continue de croître trés rapidement. Alors que le rail permerttrait de dégager beaucoup moins de CO2 (sans parler du désangorgement routier et de la baise des accidents qu'il en résulterait).
Et il y a encore de nombreuse autres possibilités.

En Bref des solutions il y en a, mais les politiques ne prennent pas leurs responsabilités en mains. Tant que la lutte pour l'écologie ne vise qu'un aménagement du capitalisme, l'efficacité ne sera que minime, voir inexistante. La taxe carbone ne sera qu'un poids de plus dans les budgets et une manne financière pour l'état .

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Voici quelques bouquins utiles pour cultiver son esprit critique ou s'enrichir de nouvelles connaissances. Si vous avez quelques propositions n'hésitez pas !!

Information scientifique sur les OGM, avis aux ami(e)s anti-OGM :

Lilian Ceballos, Les Plantes Génétiquement Modifiées insecticides : évaluation des impacts environnementaux, Ed. Rés’OGM Info, décembre 2008, 260 pages, 
http://www.resogm.org/spip.php?article95


Les médias sont-ils honnêtes lorsqu'ils parlent des mobilisations sociales ? Un livre objectif et critique !!

Henri Maler et Mathias Reymond pour l'Acrimed, Médias et mobilisations sociales La morgue et le mépris ?, Ed. Syllepse, 160 pages,
http://www.syllepse.net/lng_FR_srub_37_iprod_342-Medias-et-mobilisations-sociales.html


Pour les non initiés à l'économie, le Capital de Marx peut être très indigeste. Même si il ne s'agit pas d'une bible, ces annalyses restent d'actualité. Voici pour vous l'Abrégé du Capital.

Carlo Cafiero, Abrégé du Capital de Karl Marx, Ed. Le Chien Rouge, 160 pages,
http://www.editionslechienrouge.org/catalogue/index.php?post/2009/03/01/Abr%C3%A9g%C3%A9-du-Capital-de-Karl-Marx


Pour ceux qui ne rêvent plus ! Débridez vous !!

Denis Langlois, L'utopie est morte! Vive l'utopie !, Ed. Michalon, avril 2005, 200 pages,
http://www.michalon.fr/L-utopie-est-morte-vive-l-utopie.html