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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 16:10

En ces temps où le gouvernement nous matraque de sa doctrine "Travail, consommation, répression" et où l'on veut nous faire croire que c'est ainsi que l'on traite de l'identité française, le devoir de mémoire ne doit pas se laisser faire. Devoir de mémoire bien entendu pour les résistants qui ont lutté et sont morts pour le programme du Conseil National de la Résistance mais devoir de mémoire aussi pour ce qui a créé notre langue et notre culture française: les cultures et langues régionales.

Ma grand mère m'a souvent raconté son enfance. A l'école, il y avait écrit au dessus du tableau noir "On ne parle pas patois et on ne crache pas par terre." Les punitions étaient nombreuses pour ceux qui avaient le malheur de dire un mot dans sa langue régionale. Pourtant à la maison, en famille et avec ses amis, on ne parlait que l'Occitan dans notre région le mot "patois" était péjoratif et utilisé par ceux qui voulaient faire croire que les langues régionales n'était pas des langues. Pourtant elles s'écrivaient, se conjuguaient et avaient leur grammaire qui d'ailleurs par métissage a donné bien de s notions au français. Mais d'où est venu cet acharnement pour détruire nos langues et cultures régionales?



La royauté française contre les langues et cultures régionales

La pression ou plutôt la répression est d'abord venu de la royauté et de l'église qui l'accompagne. Les souverains pour assouvir leur pouvoir sur l'ensemble du territoire, dans tout les duchés et contés du pays, voyaient d'un mauvais œil ces langues traditionnelles et les ecclésiastiques les plus rigides ne voulaientt de langues plus anciennes ou de la même époque que le Latin. Dans les deux cas il s'agissait donc de limiter la contestation de leur pouvoir. Pourtant à une époque antérieure, il était bien vu dans l'aristocratie européenne de parler l'Occitan. Mais la soif de pouvoir appelle à traquer l'ennemi intérieur. D'ailleurs la première croisade de la France ne s'est pas faite à Jérusalem mais dans le Sud de la France contre les Cathares (qui admettons le, cultivaient eux aussi une doctrine assez dure). Mais les répressions, guerres et oppressions intellectuelles des aristocrates français contre les langues régionales continuèrent jusqu'à Louis XIV qui instaura dans les régions des académies françaises pour contrer les traditions et les intellectuels Occitans.



Les erreurs de la révolution républicaine

Lors de la révolution française, le pays fut divisé par les guerres internes du pays qui de plus devait également faire face aux invasions des royaumes européens. Par conséquent les républicains ont cherché par tout les moyens à unir le pays sous une seule et même nation. Leur défis était donc d'unir le peuple et les instances administratives sous une seule et même culture. Car les ennemis de la république ont tout fait pour diviser le pays et empêcher la stabilité Républicaine. Le but d'unité nationale était donc primordial pour l'instauration de la démocratie. Mais l'on peut tout de même regretter que cette unité ait effacé la richesse de la diversité de langues et de cultures que possédaient la France.


Les débats de linguistiques

Bien des mots français viennent de mots occitan, catalan, breton, ... Hélas la bataille entre linguistes est toujours aussi fratricide. D'ailleurs cette bataille influence également la population et les clichés persistent. Comment lorsque l'on vient du sud ne pas être choqué par le comportement de certains parisiens qui non seulement se moquent des autres accents mais qui prétendent de plus ne pas en avoir. Pour certains (pas tous heureusement) qui n'est pas parisien n'est qu'un bouseux de province. D'ailleurs ce terme persistant de "provinciaux" est directement issue du langage des rois qui souhaitaient contrôler toutes les dites provinces françaises. Mais l'on ne peut pour autant effacer l'origine occitane des mots "qu'es aco", "esquinter", "cassoulet", "escargot" ou encore "goujat". La bataille entre linguistes se fait même sur l'origine et la définition des langues régionales. Certains pensent par exemple que l'Occitan n'est issue que du Latin. D'autres affirment qu'en réalité ces deux langues ont un ancêtre commun. On peut même entendre par certains que l'occitan n'est pas une langue puisqu'elle est différente selon la géographie et quelle ne s'écrie pas. Gros mensonge mal camouflé puisque cette langue s'écrit avec une orthographe et une grammaire particulière. De plus il est normal d'avoir plusieurs Occitan. Le français populaire n'est d'ailleurs pas le même dans le nord à Paris ou dans le massif central. De plus il existe l'argot, le français soutenu, le français conventionnel....

Des possibilités pour notre démocratie et notre culture

Dans ce dictât linguistique et culturel se cache le communautarisme. Car cette situation pousse au régionalisme extrémisé. Laisser ce sujet en statut co provoque non seulement l'incompréhension mais la colère. Un exemple simple: la Corse. Nous ne voyons la culture traditionnelle de cette île que par la lucarne des mafia et extrémistes poseurs de bombe. Pourtant il existe des défenseurs de la culture Corse qui ne demandent pas l'indépendance de l'île. Il sont hélas invisibles dans le champ médiatique. Ignorer le sujet des cultures de notre pays revient donc à donner raison aux extrémistes régionaux. D'ailleurs si l'Europe veut mettre en avant  les territoires internes des pays, ce n'est qu'afin de diviser pour mieux régner. On le voit par exemple en Espagne, où certaines régions font leur documents administratifs que dans leurs langues traditionnelles. Le résultat c'est qu'une personne qui ne connais pas ces langues se retrouve bien embêtée lorsqu'elle reçoivent par exemple sa déclaration d'impôts. De plus n'entendons nous pas par toutes les élites politiques que la diversité est une richesse pour un pays ? Alors pourquoi laisser les choses en état ?

Écoutons donc les revendications régionalistes. Ce que veulent les défenseurs de l'occitan, c'est une langue libre de droit, un véritable outil de communication qui puisse être enseignée dans toutes les écoles de l'Occitanie depuis la maternelle à l'université et représentée dans toutes les institutions. Pourquoi le refuser ? Pourquoi devrait-on empêcher tous les parents et élèves d'apprendre la langues régionales ? On pourrait même allez plus loin. Si un élève en région parisienne voulait apprendre le breton, ne pourrait on pas lui permettre d'avoir les outils nécessaires à son apprentissage ? Certes cela serait dur d'avoir des professeurs de toutes les langues dans toutes les régions même si cela serait dans l'absolu l'idéal même si internet peut être un bon outils pour atténuer ce problème. Nous voyons donc bien que les revendications occitanes ne sont pas dépourvues de raison.

Et que penser des langues dans les DOM-TOM ou encore des langues parlées dans les anciennes colonies? Ne devrait-on pas pouvoir les apprendre en métropole ? N'est-ce pas une richesse culturelle que l'on pourrait mettre en avant plutôt que de l'ignorer une fois de plus ?

Allons même encore plus loin dans le débat régionaliste, certains d'entre eux demandent (de façon différentes et pour certains de façon intolérable) l'autonomie des régions culturelles historiques. Si il s'agit de reproduire les problèmes issus du système français, cela devient absurde. D'autant que ces régions ne pourraient subvenir seules aux besoins de toute la population. De plus la division territoriale ne profite qu'au méga-structure telle que l'Union Européenne ou l'OMC qui verraient une occasion de plus de détruire tout progrès social, sans préoccupation écologique. En revanche, si la France était dotée d'un système de démocratie participative, tant au niveau des régions qu'au niveau national, la question d'indépendance ou d'autonomie serait résolue. L'indépendance est donc inconcevable, l'autonomie régionale, elle, peut se faire au travers d'une démocratie participative à la Française.

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Published by UNITE POPULAIRE - dans Luttes Democratiques
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Denis Langlois, L'utopie est morte! Vive l'utopie !, Ed. Michalon, avril 2005, 200 pages,
http://www.michalon.fr/L-utopie-est-morte-vive-l-utopie.html