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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 11:10

Les priorités d'aides aux banques pour l'état
On l'entend de longue à la télévision, à la radio, on le lit dans les journaux: "les caisses sont vides". On prétend bien entendu que rien ne peut être fait pour combler le trou de la sécu, le dit problème des retraites ou encore le maintiens des services publics de l'éducation, de la santé, des transport... Mais tout n'est en réalité qu'une question de priorité. Un gouvernement a toujours la liberté du choix de ses actions. Il ne faut pas croire les rumeurs populaires. Si l'état décidait de ne pas céder aux lobis financier des banques, il le pourrait. D'autant que si l'état aide les banques en leur prétend de l'argent, celle-ci ne se pressent de les rembourser que pour éviter de se voir imposer des contraintes à l'avenir, notamment sur le crédit aux entreprises et les bonus. 21 milliards a été apporté à leurs Capital fin 2009. Si la majorité des banques s'est empressées de rembourser, la banque la plus aidée n'a pas remboursé l'essentiel de l'aide de l'état. Il s'agit de la Banque Populaire-Caisses d'épargne, aidé suite au naufrage de Natixis. Ainsi cette banque qui jouant à qui rachète qui et se plante lamentablement dans ces jeux dangereux, utilise l'argent public mais ne se sent pas prêt à tenir ses engagements.

Mais sont-elles vraiment à sec ces banques ou plutôt ou va l'argent ? 


- 5,8 milliards de bénéfices pour BNP Paribas (+ 93 %) et 500 millions d’euros en bonus pour les cadres dirigeants et traders de la banque, soit 10 % de l’aide publique reçue. Les revenus de Michel Pébereau, président du conseil d'administration de la banque sont les suivant:
en 2007, 1,6 millions + des stocks options. En 2008 : 731 000 (a renoncé cette année là à son bonus) + 836 000 de stocks options = 1,5 millions. En 2009 : salaire non encore connu mais cette fois-ci avec bonus …

- 2,7 milliards de bénéfices 2009 pour le Crédit agricole (+ 12 %)

- 1,2 milliards de bénéfices 2009 pour le Crédit mutuel – CIC (+ 240 %)

- 700 millions de bénéfices 2009 pour la Société générale

- 500 millions de bénéfices 2009 pour BanquesPopulaires-Caisse d’Epargne

11 milliards de bénéfices 2009 pour les 5 plus grandes banques françaises

(soit le double de 2008).

Pendant ce temps l’économie réelle a perdu 500 000 emplois et le PIB a reculé de 1,2 %.


C'est pourquoi il est indispensable de restaurer le cloisonnement entre banque de dépôts et banque d’affaires pour

freiner la spéculation, limiter les risques pour les particuliers et réorienter l’activité des banques vers le financement de l’économie réelle.

Choix de l'état et engagements non tenus des banques

Nous le savons, le gouvernement suit une logique libérale, s'entêtant dans un système capitaliste mondialisé qui provoque misère et destruction de l'environnement. Dans cet état d'esprit, il a voulu soutenir la société de consommation par la relance des crédits. Fin 2008, les banques françaises s’étaient engagées de manière informelle avec le gouvernement à permettre une progression des crédits entre 3 et 4 % en 2009. C'est en autre la-dessus que se sont appuyé les banques pour demander des aides publiques.

Pourtant les résultats n'y sont pas  : le crédit a progressé d’à peine 0,2 % en 2009 et a même baissé de 0,9 % pour les entreprises (moins 14 % pour les seuls crédits de trésorerie). L’encours du crédit aux entreprises a atteint en décembre 2009 son plus bas niveau de mai 2005. (source Banque de France)

Les banques françaises ont donc utilisé les aides publiques pour investir sur les marchés financiers plutôt que pour financer l’économie.

Et, lors d’une nouvelle réunion à Bercy le 10 février 2010, les banques ont refusé pour 2010 tout nouvel engagement chiffré avec le gouvernement.
Nous pouvons même aller plus loin, en imposant des objectifs de financement de l’économie aux banques en

contrepartie de l’accès à la liquidité de la banque centrale.

Taxation des profits bancaires : une idée qui progresse sauf en France

L'un des moyens dont peut disposer un état pour renflouer ses caisses de solidarités, est de taxer, voir surtaxer les profits bancaires. Mais ce choix ne rentre pas dans la logique libérale. Alors qu’elle avait été votée par la Commission des finances de l’Assemblée nationale, le gouvernement a refusé toute taxation exceptionnelle des profits des banques.

La surtaxe proposée de 10 % sur les profits du secteur financier aurait pourtant rapporté 2 milliards d’euros de recettes fiscales en 2010.

 

Pourtant beaucoup d’autres pays préparent une taxation spéciale des banques :

- la Belgique l’a déjà appliqué sous le forme d’une taxe de 0,15 % due par les banques sur tous les dépôts, qui va rapporter 540 millions par an à l’Etat belge

- le gouverneur de la FED américaine s’est prononcé fin octobre pour

« un prélèvement effectué sur l’industrie financière ». Obama a confirmé sa volonté de mettre en œuvre une telle taxe sous la forme d’un prélèvement de 0,15 % sur le passif (c'est-à-dire leurs fonds propres et les dépôts de leurs clients) des plus grandes banques ayant un passif supérieur à 50 milliards

- l’Allemagne est également en train de finaliser une taxe sur les banques qui s’inspirerait du projet américain et pourrait rapporter jusqu’à 9 milliards d’euros par an.

Taxation des bonus : une taxe finalement indolore pour les banques

Face à la "crise" et au scandale des bonus, Sarkozy, dans la foulée de Gordon Brown, avait annoncé

la taxation de 50 % des bonus des banquiers. Mais cela reste dérisoire en pratique :

- Seulement 360 millions d’euros de recettes estimées

- La taxe est provisoire et ne concerne que 2010 (pour les bonus 2009)

-La taxe est compensée par l’annulation pour 2010 de la cotisation supplémentaire que les banques devaient verser au Fonds de garantie des dépôts (contrepartie obtenue de Bercy par les banques). Cela compense la taxe sur les bonus.

- pour anticiper la taxe et en réduire l’effet, les banques ont

maquillé à la fin de l’année une partie des bonus en augmentant provisoirement les rémunérations fixes (selon étude internationale sur 42 banques, 63 % ont augmenté les salaires fixes et 83 % ont diminué la part des bonus dans les rémunérations en 2009).

Au final rien ne freine l'appétit des dirigeants de banque.

Les aides de l’Etat aux banques : le contribuable volé

La meilleure des solutions pour obtenir un systéme économique stable reste la nationalisationpar la création d'un grand pôle financier public. Mais même sans aller jusque là, si l’Etat était devenu actionnaire des banques avec les 21 milliards qu’il leur a apporté, il aurait réalisé entre l’automne 2008 et la fin 2009 une plus de 15 milliards d’euros,

 

Exemple de la BNP :

Au versement de l’aide publique (5,1 milliards), l'action BNP valait 27,20 euros. A son remboursement à l’automne 2009 par la BNP, l’action était à 58,20 euros. Si l'Etat était vraiment entré au capital de la banque ou avait choisi d'investir sous la forme d'obligations convertibles en actions, il aurait pu réaliser une plus-value de 5,8 milliards d'euros rien que sur la BNP, au lieu de se contenter de seulement 226 millions d'intérêts compte tenu de la remontée des actions des différentes banques. Et cela sans compter les dividendes qu’il aurait perçu au titre de leurs profits restaurés.

Alors que les titres subordonnés qu’il a acquis auprès des banques pour les aider
ne lui rapporteront que 700 millions d’euros environ. Qui plus est sans donner à l’Etat aucun pouvoir pour infléchir les comportements des banques, à la différence de l’acquisition d’actions.

C’est au contraire ce qu’a fait la
Suisse. Pour un investissement similaire dans UBS, le gouvernement suisse va recevoir 1 milliard d’euros de revenus, car il a acquis des actions. Une « clause de retour à meilleur fortune » figure aussi dans le plan américain d’aide aux banques, pour permettre de convertir les obligations bancaires souscrites par l’Etat en actions et ainsi de faire bénéficier l’Etat de la hausse des cours rendue possible par l’aide publique.

L’argent facile de la BCE pour les banques

La BCE a multiplié les initiatives pour refinancer les banques dans des conditions extrêmement avantageuses, sans imposer de contreparties pour limiter la spéculation et les  risques. Ces facilités ont artificiellement gorgé les marchés financiers de liquidités.

La BCE a ainsi fourni pour plus de 800 milliards de liquidités en 2009 contre 450 milliards en 2007.

Résultat, le bilan de la BCE s’est envolé sous le poids des prêts consentis et des actifs pris en pension :
-au niveau de 1 200 milliards d’actifs en 2007,
-le bilan de la BCE a grimpé à 1 500 milliards en 2008
-dépassé en 2009 les 2 000 milliards (pour revenir autour de 1800 milliards début 2010).
Le bilan de la BCE représente ainsi 16 % du PIB de la zone euro.


Exemples des largesses de la BCE au profit des banques :

- elle a baissé ses taux directeurs à un niveau très bas, rendant la liquidité quasi gratuite pour les banques : le taux principal (dit Refi) est passé de 4,25 % à l’été 2008 à 1 % depuis mai 2009 (inchangé à 1 % début 2010)

- elle a accepté depuis octobre 2008, de recevoir des actifs de plus en plus risqués en garanties des prêts qu’elle fait aux banques (opérations de prises en pensions). Elle accepte désormais les actifs notés BBB-, alors qu’elle n’acceptait pas de garanties en dessous de A- jusqu’alors. De quoi contribuer à aggraver les risques pris par les

banques plutôt qu’à les limiter !


- elle a offert aux banques des
nouvelles possibilités de financement « non conventionnelles » :  en élargissant ses lignes de financement des banques au-delà du court terme (qui est pourtant l’essentiel de sa mission de refinancement), en ouvrant des lignes illimitées et à taux fixe, à 3 mois, à 6 mois et même à 1 an. Le tout aux conditions de refinancement de court terme (taux de 1 %) ! Une aubaine pour les banques qui ont ainsi pu reprendre à plein régime leurs jeux sur les marchés financiers. Ces prêts longs ont en effet obtenu un énorme succès : 1 120 banques bénéficiaires, plus de 600 milliards pour les 3 adjudications successives de juin, septembre et décembre 2009 (dont 442 milliards rien que pour celle de juin, la plus importante opération de refinancement jamais effectuée par la BCE en une seule fois)

 

- elle a accepté d’acheter aux banques des titres de dettes pour 60 milliards, pour soutenir leurs émissions obligataires sur les marchés. Là aussi c’est une mesure qui s’écarte des outils traditionnels de la BCE.


- elle a plaidé pour que le secret des plans de sauvetage bancaires soit conforté (dans le cadre du projet de directive sur la transparence financière) dans l’intérêt des banques et au détriment du contribuable.

Tout ce qu’elle a fait pour les banques, sans résultat pour l’économie, la BCE devrait au contraire le faire pour l’économie réelle et les Etats en difficulté comme la Grèce, des interventions d’intérêt général qui sont toutefois interdites par le Traité de Lisbonne.

Du côté des banques, les taux d’intérêt ont certes baissé mais sans commune mesure par rapport à la baisse du coût de l’argent distribué par la BCE. Les banques encaissent donc l’essentiel de la différence.

D'autres choix sont possibles. Nous pouvons durcir les règles d’encadrement des banques (aujourd’hui réserves obligatoires auprès de la BCE à 2 % des dépôts et ratio de fonds propre/prêts à 8 %). L'Europe peut mettre la BCE au service de la politique économique en lui permettant de refinancer les Etats et les institutions publiques (comme le fait la FED avec l’Etat fédéral américain).

Alors que les banques française se refinancaient à 1 % fin 2009 contre 4,25 % à l’été 2008, voici comment ont évolué les taux qu’elles pratiquent sur la même période :

- taux moyen sur découverts ménages passés de 11 % à l’été 2008 à 10 % fin 2009

- taux moyen des crédits revolving ménages passés de 15,83 % à 14,78 % de fin 2008 à fin 2009

- taux moyen des crédits aux ménages passés de 6 % à l’été 2008 à 5 % fin 2009.

- taux moyen des crédits aux entreprises passés de 5,5 % à l’été 2008 à 3 % fin 2009.

Les taux de crédit « revolving » subis par les ménages modestes peuvent monter jusqu’à 18 %.


Christine Lagarde a refusé toute suppression du credit revolving (proposée par amendement à l’Assemblée nationale), alors que le surendettement des ménages a progressé de 17 % en 2009. Lagarde veut maintenir le credit revolving, car selon elle c’est un moteur décisif de la consommation : «
40 % des achats par correspondance à la Redoute ou aux Trois Suisses se font par credit revolving. Ce sont des milliers d’emplois à la clef ».

Selon le Médiateur de la République, 15 millions de Français bouclent leurs fins de mois entre 50 et 150 euros près et peuvent tomber dans le surendettement au moindre incident social. Nous voyons donc, encore une fois, que la politique du tout crédit, pour toujours plus de consommation, sans considération des impacts sociaux méne bon nombre de gens dans le mur.

Complément d'analyse: Après avoir été sauvé par les états de la crise qu'il avait lui même créer, le secteur économique s'attaque aux états les plus faibles qui ne suivent pas leurs intérêts mercantiles. Dans tout les cas, si les états ne font pas le choix de la contre-attaque, ils diminueront leurs actions sur la société jusqu'à faire disparaître les droits et avantages sociaux qui garantissent dans une république la répartition des richesses et l'égalité d'accès à la santé, à l'éducation, à l'énergie, aux transports... Le plus triste c'est que dans des pays dit démocratique, ces choix se feront sous la volonté des états, de leurs propres décisions et orientations politiques, comme nous le voyons de façon spectaculaire en Grece ou comme le fait petit à petit le gouvernement français. Ce qui aura et a déjà des conséquences sur la confiance des citoyens en leur propre régime démocratique. Et dans ce cas, gare à la colère des peuples !

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Published by UNITE POPULAIRE - dans Luttes Democratiques
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Autres pétitions à venir ...

A lire

Voici quelques bouquins utiles pour cultiver son esprit critique ou s'enrichir de nouvelles connaissances. Si vous avez quelques propositions n'hésitez pas !!

Information scientifique sur les OGM, avis aux ami(e)s anti-OGM :

Lilian Ceballos, Les Plantes Génétiquement Modifiées insecticides : évaluation des impacts environnementaux, Ed. Rés’OGM Info, décembre 2008, 260 pages, 
http://www.resogm.org/spip.php?article95


Les médias sont-ils honnêtes lorsqu'ils parlent des mobilisations sociales ? Un livre objectif et critique !!

Henri Maler et Mathias Reymond pour l'Acrimed, Médias et mobilisations sociales La morgue et le mépris ?, Ed. Syllepse, 160 pages,
http://www.syllepse.net/lng_FR_srub_37_iprod_342-Medias-et-mobilisations-sociales.html


Pour les non initiés à l'économie, le Capital de Marx peut être très indigeste. Même si il ne s'agit pas d'une bible, ces annalyses restent d'actualité. Voici pour vous l'Abrégé du Capital.

Carlo Cafiero, Abrégé du Capital de Karl Marx, Ed. Le Chien Rouge, 160 pages,
http://www.editionslechienrouge.org/catalogue/index.php?post/2009/03/01/Abr%C3%A9g%C3%A9-du-Capital-de-Karl-Marx


Pour ceux qui ne rêvent plus ! Débridez vous !!

Denis Langlois, L'utopie est morte! Vive l'utopie !, Ed. Michalon, avril 2005, 200 pages,
http://www.michalon.fr/L-utopie-est-morte-vive-l-utopie.html