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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 15:17

La loi de décentralisation de 1982 avait pour argument celui de rapprocher le pouvoir du peuple.

Fallait-il comprendre que le siège du pouvoir devait être plus près des citoyens ou que les citoyens allaient être en mesure du fait de cette proximité d’exercer davantage de pouvoir ?

 

Le développement de la région s’effectue pour l’essentiel au plus près de la capitale régionale, tant d’un point de vue administratif, économique que politique. Se concentrent ainsi les services qui désertent les départements, mais encore la culture, l’hospitalisation,…. ceci naturellement au nom de l’efficacité, de la rentabilité,…..On connaît la chanson. 

La métropole régionale attire à elle d’autant plus d’entreprises que celles-ci sont assurées d’y trouver les infrastructures nouvelles et nécessaires à leur développement. La métropole régionale étant dynamique, sur le principe la richesse va à la richesse, elle le devient davantage, d’autant que le Président de Région est le plus souvent élu de celle-ci. Quant aux départements voisins, au mieux ils vivotent, au pire ils dépérissent.

L’Etat souhaitant faire toujours plus d’économie, au lieu d’assurer la couverture du territoire, il accentue le phénomène en  concentrant ses propres services à la périphérie de la capitale régionale. Aux départements sont réservées des antennes fossiles (chargés de calmer un instant les populations) jusqu’à leur disparition dans un avenir indéterminé, cependant proche.

Le secteur privé suit la manœuvre. Il concentre ses sièges, le traitement des affaires en cette même capitale.

De fait les citoyens, à qui devait profiter la régionalisation, sont davantage tondus qu’ils sont éloignés de la capitale régionale. Autant il leur était possible de se rendre physiquement à la préfecture départementale, d’y traiter de leurs affaires (ou de leurs déboires), autant désormais l’anonymat est la règle des relations lorsque le citoyen, l’usager, le travailleur, le client est devenu un immatriculé avec numéro de dossier. 

 

Les régions, telles qu’elles se développent participent au dépeçage de la France que nous connaissons. L’unité française est progressivement défaite, les Présidents de Région ayant des pouvoirs que l’on peut de plus en plus comparer à ceux des gouverneurs américains sans que les citoyens puissent d’une manière ou d’une autre infléchir la politique qu’ils conduisent. A la suite, les principes de la République sont mis à mal. Il se trouvera bien (il se trouve déjà), dans un avenir plus ou moins lointain (ou proche), des Présidents de Région tenant à leur tour l’argument de l’efficacité et de la rentabilité pour ne plus souscrire à la notion d’usagers et à celle de service public.   

Si on ajoute qu’il est des régions riches, d’autres pauvres, que l’Etat n’effectue pas les transferts financiers à hauteur des missions dont il se sépare, qu’il n’y a pas de correctif convenable entre les régions afin d’établir une redistribution tendant à l’équité, les régions riches sont appelées à l’être davantage, les pauvres à mourir lentement.

Actuellement au nombre de 22, les régions que nous les connaissons sont appelées à disparaître. Dans les années à venir il n’en restera plus qu’un petit nombre. 16, comme le prévoit le rapport Balladur. Dans quelques années : 7, d’après ce qui se chuchote. Qu’en sera-t-il alors du pouvoir au plus près des citoyens ? Qui s’inquiètera du sort et du développement des Corbières, du plateau de Sault,….? Qu’aura à faire le citadin du bouseux lorsque la capitale régionale devenant le cœur, les populations s’y précipiteront à son service, oublieuses de leurs origines, vidant les départements et les campagnes de leur sang ?

  

Faisons d’autres constats.

Les villages se dépeuplent, s’ils sont, parfois, davantage habités qu’auparavant. Ce sont des banlieusards qui viennent en nuitées pour repartir travailler au centre urbain le plus proche : ils ne comptent économiquement guère pour le village. L’administration locale meurt au profit le plus souvent du canton où l’on trouve également les commerces et où on voit apparaître des zones artisanales. La disparition de la poste doit ce comprendre dans cette perspective de réorganisation (et de privatisation) du territoire. Nombreuses seront les communes qui sont appelées à devenir des « hameaux », peu y échapperont. Bien sûr, chaque village pense qu’il n’est pas concerné, que c’est le sort du voisin.  

Par translation, le chef lieu de canton, à son tour, subit le même phénomène. La banque se déplace plus loin, à son grand bénéfice et non à celui du client qui doit perdre « son » temps après avoir obtenu difficilement un rendez-vous auprès du banquier surbooké pour qui seul le temps est de l’argent. Etc., etc.,…

 

Peut-on imaginer un autre type de développement qui répartit les atouts économiques et les services sur toutes les parties de la région tout en restant en bonne concurrence avec les autres régions ? Certainement. Ceci suppose la transparence et non que les choses se passent en douce, contre le consentement des citoyens, usagers et consommateurs. Ceci suppose que personne ne soit pas sacrifié, que le développement soit réparti. Ceci suppose que l’être humain devienne citoyen et décide de prendre en charge son devenir.

Dans un système où l’élu reçoit délégation il faut se doter de moyens de contrôle plus incisifs que ceux qui existent actuellement car l’élu doit être à tout instant comptable de l’action qu’il conduit, et pas seulement au moment où il se représente à nos vœux (ou à notre désaveu).

Article de Daniel Razzo, militant PG

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Published by UNITE POPULAIRE - dans Luttes Democratiques
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http://www.michalon.fr/L-utopie-est-morte-vive-l-utopie.html